Le nouveau bonus ecologique et ses paradoxes

Bonus Ecologique

Bonus Ecologique renforcé

Avec le nouveau Bonus Ecologique, le gouvernement a dévoilé son plan d’aide à la filière automobile articulé autour d’un vaste soutient financier aux véhicules propres. L’aide aux véhicules électriques est importante et salutaire mais les mesures destinées aux autres véhicules sont parfois paradoxales.

via : Le nouveau bonus écologique et ses paradoxes.

, Ministre du redressement productif, évoque la transition énergétique de l’automobile comme « une chance industrielle pour prendre de l’avance dans la compétition mondiale ». Le plan de redressement de la filière automobile qu’il a présenté ce jour entendainsi favoriser les véhicules plus propres et le tissu industriel français qui lui est dédié. La première des mesures présentées consiste à remanier le système fiscal de bonus malus écologique, en alourdissant le malus selon des critères qui restent à définir et qui seront appliqués en 2013, et augmentant immédiatement le montant des primes accordées au titre du bonus. Ce nouveau barème coutera 500 millions d’euros à l’Etat, un montant que le ministre espère compensé « le plus possible » par les revenus du malus écologique.

Barème renforcé, le tout repart pour un tour

Deux tranches de bonus pour véhicules thermiques seront augmentées. Pour les véhicules émettant entre 60 et 90g de /km, le bonus ecologique passe à 400 à 550 euros, tandis que ceux émettant de 91 à 105g recevront 200 euros contre 100 euros actuellement.

La logique est donc la même, avec ses effets pervers.  Elle engendre une généralisation du diesel sur les petits véhicules, ce qui est un vrai problème sanitaire dans les villes et, dans de nombreux cas, une hérésie économique pour le conducteur. En reprenant la même logique de course au CO2 sans tenir compte des autres polluants, ce nouveau bonus ecologique lèse encore les moteurs essences et, premier paradoxe, il conforte les constructeurs français dans leur stratégie tout diesel, unique au monde et donc sans débouchés internationaux. Arnaud Montebourg précise toutefois que les véhicules qui bénéficieront de ces incitations sont majoritairement produits en France : 59% pour la tranche 90-105g et 53% pour la tranche 60-90g.

Un plan de soutien rapide à l’électrique

La sort manifestement gagnante de ce plan. Ces véhicules bénéficieront de 7.000 euros de bonus ecologique (contre 5.000 auparavant) et le Ministre n’a pas évoqué de limite minimale de prix en confirmant que la Zoé serait bien proposée à 13.400 euros. Chez le petit constructeur Mia Electric, Laurent Buffeteau, « ne doute pas de l’impact positif de ces nouvelles mesures », sa Mia sera accessible à partir de 13.800 euros.
Parallèlement, ce plan prévoit le déploiement d’un réseau de bornes de recharge dans douze grandes villes françaises. Le Ministre précise : « il ne s’agit pas d’expérimentations mais d’un véritable plan de lancement de la voiture électrique en France ». Les loueurs automobile, réseaux de stations , gestionnaires de parkings et copropriétés accueilleront ces bornes et des modifications réglementaires – notamment sur le stationnement – seront adoptées pour faciliter ce déploiement. 50 millions d’euros seront dédiés à ce projet.

Bonus Ecologique renforcé pour les grosses hybrides

M. Montebourg a expliqué que ce plan d’aide entendait favoriser la voiture propre et populaire. C’est indéniable dans l’électrique mais du côté des hybrides les gros modèles seront les plus avantagés. Le bonus ecologique alloué aux hybrides est doublé (soit 4.000 euros) mais à hauteur de 10% du prix du véhicule avec un minimum de 2.000 euros. Sur des modèles haut de gamme comme les Peugeot 508 hybride ou Citroën DS3 hybride, le bonus s’approchera des 4.000 euros. Mais sur une Toyota Yaris, en têtes des ventes d’hybrides et fabriquée en France, le bonus reste à 2.000 euros puisqu’elle se négocie à 18.500 euros. Chez Toyota, on accueille pourtant la mesure avec satisfaction bien « Les clients sont surtout intéressés par sa consommation, son bonus n’est qu’un plus ».

Les entreprises chouchoutées

Dans un marché hexagonal morose, les entreprises deviennent la valeur refuge des constructeurs. Leurs commandes restent plus dynamiques que celles des particuliers et les fabricants d’auto leur font de l’œil. Le nouveau dispositif fiscal est accueilli à bras ouverts puisqu’il rend universel le barème du bonus écologique. Sur les petits diesels, les hybrides ou les électriques, les entreprises bénéficieront donc de bonus plus avantageux qu’auparavant (elles avaient une grille moins favorables), tout en conservant les baisses de TVS associées. L’Etat se portera également acquéreur de 11.000 véhicules hybrides ou électriques par an.


[Mise à jour du 25/07 à 21h : Le bonus ecologique pour les hybrides est de 4.000 euros à hauteur de 10% du prix du véhicule, avec un minimum de 2.000 euros]


(309 vues)

( Lu 1 fois aujourd'hui )

Laisser un commentaire

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.